Généralités
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Structure
chimique:
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La
vitamine E appartient à la famille des vitamines liposolubles.
L'appellation vitamine E regroupe la famille des tocophérols,
substances constituées par un noyau chromanol et une chaîne latérale
saturée phytyle à 16 carbones. Le nombre et la position des groupements
méthyle sur le noyau chromanol définissent les différentes formes
de tocophérol.
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Remarque
: Le beurre de karité contient de l'a-tocophérol, c'est la forme
la plus fréquemment rencontrée dans la nature. L'alpha-tocophérol
posséderait l'activité vitaminique la plus importante.
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La
vitamine E et la peau
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La plupart des études sur la pénétration de la vitamine E dans
la peau ont conclu que cette substance a un fort pouvoir d'absorption.
Il existe deux voies d'absorption de la vitamine E au niveau cutané
:
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la première passe à travers la couche cornée, l'épiderme et la
jonction-épidermique
-
la deuxième passe par le canal pilo-sébacé et l'intérieur des
follicules pileux
Au niveau cutané, une carence en vitamine accélère la peroxydation
des lipides. Les symptômes cutanés d'un déficit en vitamine
E ressemblent donc aux signes observés lors du vieillissement.
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PROPRIETES
COSMETIQUES
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Propriétés
anti-radicalaires
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La
fonction naturelle de la vitamine E est de protéger l'organisme
contre les effets nocifs des radicaux libres. Ceux-ci sont
produits lors de processus métaboliques normaux ou sous l'effet
de facteurs environnementaux.
Grâce à sa longue chaîne lipidique, la vitamine E se fixe au sein
des membranes lipidiques, et c'est sa fonction phénolique qui
est responsable de son activité antioxydante.
La vitamine E ralentit le vieillissement cutané en protégeant
les membranes cellulaires. Sa présence permet la conservation
de l'intégrité des lipides membranaires. En effet, les membranes
cellulaires sont constituées d'acides gras polyinsaturés, très
sensibles à l'oxydation.
L'oxydation de ces lipides membranaires donne lieu à des réactions
en chaîne induisant la formation de radicaux lipoperoxyle (LOO)
hautement réactifs, qui perturbent la fonction biologique des
membranes.
La vitamine E est capable de bloquer ces réactions radicalaires
en cédant un hydrogène phénolique au radical lipoperoxyle (LOO)
pour le transformer en hydroperoxyde non réactif (LOOH) selon
la réaction suivante :
LOO
+ Tocophérol-OH LOOH + Tocophérol-O
Au
cours de cette réaction, le tocophérol (Tocophérol-OH) est transformé
en radical tocophéryle (Tocophérol-O), qui, parce qu'il
est stable, stoppe les réactions radicalaires.
Le tocophéryl est ensuite réduit pour redonner du tocophérol à
partir de réducteurs hydrosolubles, présents dans le cytosol des
cellules.
En inhibant la formation de radicaux lipoperoxyle au niveau de
la cellule, la vitamine E protège également les constituants cellulaires
comme les protéines et les acides nucléiques.
Au niveau capillaire, la vitamine E, en limitant la peroxydation
des lipides du sébum, diminue les phénomènes d'irritation
du cuir chevelu.
Remarque : Outre ses propriétés anti-radicalaires au niveau cutané,
la vitamine E est utilisée comme facteur de protection des corps
gras oxydables et pour prévenir la formation de peroxydes lipidiques,
de radicaux libres et de nitrosamines, au sein des produits
cosmétiques, permettant ainsi de maintenir la stabilité des émulsions
et de prolonger leur durée de conservation.
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Propriétés
anti-inflammatoires
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La
vitamine E, piégeant les radicaux libres, inhibe le mécanisme
de peroxydation des lipides qui aboutit à la formation
de prostaglandines, médiateurs physiologiques de l'inflammation.
De nombreuses études pharmacologiques ont prouvé cette activité
anti-inflammatoire par voie topique, en montrant que la vitamine
E diminuait les érythèmes et les oedèmes.
La vitamine E a donc une action sur les coups de soleil, une fois
formés.
L'effet anti-inflammatoire de la vitamine E est également initié
par d'autres mécanismes comme l'inhibition de la libération d'histamine
et la stabilisation des membranes lysosomiales. En effet, les
lysosomes, riches en lipides insaturés, sont très sensibles
à la peroxydation: la vitamine E prévient leur rupture et empêche
ainsi la libération d'enzymes et de médiateurs pro-inflammatoires.
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Protection
vis à vis des UV
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La
vitamine E possède un rôle protecteur vis à vis de tous agents
extérieurs générateurs de radicaux libres. On sait que
le rayonnement solaire entraîne la production de radicaux libres
oxygénés, en partie responsables des dommages cellulaires (altération
du métabolisme, sécheresse cutanée) et génétiques (altération
de l'ADN).
Remarque : L'action protectrice de la vitamine E vis à vis des
UV peut s'expliquer dans une moindre mesure, par ses propriétés
absorbantes dans les longueurs d'onde du domaine UVB.
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Protection
contre les dommages cellulaires de l'épiderme
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La
vitamine E fait office de premier barrage protecteur contre le
rayonnement solaire nocif, car elle est stockée dans la paroi
cellulaire et peut donc arrêter les rayons UV avant que la cellule
ne fasse jouer ses propres mécanismes de protection.
De nombreuses études sur l'animal ont montré que les cellules
exposées au rayonnement UV sont efficacement protégées par la
vitamine E.
En l'absence de vitamine E, environ 85% des cellules irradiées
survivent. Avec la vitamine E, en revanche, pratiquement toutes
les cellules survivent, soit quelque 10% de plus que lors d'une
irradiation sans vitamine E.
Appliquée juste après l'exposition aux UV, la vitamine E réduit
l'importance de l'érythème, diminue l'épaississement de l'épiderme
et sa desquamation.
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Protection
contre les dommages cellulaires du derme
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Le
derme constitue également une cible privilégiée des attaques radicalaires
des UV. L'application régulière de vitamine E aide au maintien
de ce tissu conjonctif en limitant la formation de ponts entre
les molécules de collagène et en inhibant l'hyperplasie
des fibres élastiques.
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Protection
contre les dommages génétiques
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L'application
d'alpha-tocophérol trois semaines avant l'exposition aux UV B
diminue l'apparition des cancers cutanés. Les dommages causés
par les UV au niveau du génome cellulaire se traduisent par des
erreurs dans la réplication de l'ADN. Si elles ne sont pas réparées,
ces anomalies génétiques entraîneront des troubles du fonctionnement
cellulaire puis une dégénérescence cellulaire.
L'effet le plus direct de l'agression des UV sur l'ADN est la
suppression de l'incorporation de la thymidine. Des études montrent
que la vitamine E permet la réincorporation de la thymidine au
niveau de l'ADN.
La
cause principale du vieillissement étant due aux effets des radiations
UV, la vitamine E, en association avec des filtres solaires, constitue
un élément indispensable dans la photoprotection et la lutte contre
le vieillissement.
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Propriétés
hydratantes
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En
renforçant le film hydro-lipidique de surface et les membranes
cellulaires, la vitamine E améliore la fonction barrière de la
peau ; la perte insensible en eau est donc diminuée au fur et
à mesure des applications.
Les propriétés antirides de la vitamine E sont une conséquence
de ses propriétés hydratantes. En augmentant la capacité de rétention
d'eau de la peau, la vitamine E améliore son aspect de surface
et diminue l'amplitude des rides ; la peau devient plus souple
et plus douce.
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Amélioration
de la microcirculation cutanée
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La stabilisation des membranes par la vitamine E, en particulier
au niveau vasculaire, améliore la microcirculation cutanée, en
facilitant les mouvements des vaisseaux. Ceci permet un apport
de nutriments augmenté au niveau de la peau et une meilleure évacuation
des déchets.
Les effets de la vitamine E sur la croissance des cheveux peuvent
être attribués à cette action d'accroissement de la microcirculation
locale au niveau du bulbe pileux.
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Glossaire
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Peroxydation des lipides |
La
peroxydation lipidique commence par le départ d'un atome d'hydrogène
d'un acide gras polyinsaturé, ce qui forme un radical lipidique.
Ce radical se stabilise par réarrangement puis se transforme
en hydroperoxyde lipidique par addition d'une molécule d'oxygène.
Cet hydroperoxyde est ensuite dégradé en produit de scission.
Certains de ces produits sont suffisamment réactifs pour former
des produits tertiaires (diènes conjugués, peroxydes, aldéhydes,
alcanes) dont la plupart sont toxiques pour la cellule et
mutagènes. Cette formation de dérivés d'oxydation dans les
bicouches lipidiques, plus hydrophiles, entraîne des perturbations
de la micro-architecture membranaire et altère les fonctions
des enzymes et transporteurs membranaires. De plus, l'autocatalyse
de la peroxydation peut aboutir à la formation des concentrations
élevées de dérivés d'oxydation qui altèrent la perméabilité
membranaire. |
| Radicaux
libres |
voir
Fiche 10 |
| Activité
antioxydante |
inhibition
de l'action de l'oxygène ou de radicaux oxygénés. Les antioxydants
agissent soit par transfert d'hydrogène vis à vis de radicaux
oxygénés soit par fixation du radical. |
| Lysosome
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organelle intracellulaire contenant des agents biochimiques
actifs, notamment dans les processus de désassimilation (mitochondries).
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| Collagène |
Fibre
protéinique constituant la substance intercellulaire du tissu
conjonctif (derme), c'est la protéine de la souplesse et de
la résistance de la peau. |
| Hyperplasie |
Développement
excessif d'un tissu par multiplication de ses cellules avec
conservation d'une architecture et d'une capacité fonctionnelle
normales. |
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