Le
nom scientifique "Butyrospermum Parkii" a été donné
à ce beurre en l'honneur du grand voyageur, M.Mungo Park, qui
le premier remonta le fleuve Gambie vers la fin du XVème siècle.
...Indépendamment
des esclaves et des marchandises qu'ils portent pour les blancs,
les marchands amènent sur la côte de Gambie du fer natif, des
gommes odorantes et du shétoulou, ce qui signifie littéralement
"beurre d'arbre" ou beurre végétal. Ce beurre est extrait
d'une espèce de noix, par le moyen de l'eau bouillante, ainsi
que je l'expliquerai par la suite. Il ressemble au beurre ordinaire
et en a la consistance...Les populations locales en font une grande
consommation et par conséquent il est toujours trés recherché...
...Les
habitants étaient toujours occupés à recueillir les fruits de
l'arbre "Shea". Cet arbre croît abondamment dans toute
cette partie du Bambara. Il n'est pas planté par les habitants,
mais on le tropuve croissant naturellement dans les bois. Lorsqu'on
défriche les forêts pour cultiver la terre, on coupe tous les
arbres, exepté les "sheas".
Cet
arbre ressemble beaucoup au chêne américain, et le fruit, avec
le noyau duquel, séché au soleil et bouilli dans l'eau, on prépare
le beurre végétal, ressemble un peu à l'olive d'Espagne. Le noyau
est enveloppé d'une pulpe douce, que recouvre une mince écorce
verte.
Le
beurre qui en provient, outre l'avantage qu'il a de se conserver
toute l'année sans sel, est plus blanc, plus ferme à mon goût,
qu'aucun lait de vache que j'aie jamais mangé. La récolte et la
préparation de cette précieuse denrée semble faire un des premiers
objets de l'industrie africaine, tant dans le royaume des Bambaras,
que dans les pays envirronnants. C'est un des principaux articles
du commerce intèrieur de ces contrés.
Peu
de temps aprés le "douty" m'envoya chercher et me permit
de me coucher dans un grand ballon, en un coin duquel était un
four destiné à faire sécher les fruits de "shea". Il
contenait environ une demi-charreté de ce fruit sous lequel était
un feu de bois clair. On me dit qu' au bout de trois jours, le
fruit serait en état d'être pilé et bouilli, et que le beurre
préparé de cette manière était préférable à celui qu'on faisait
avec le fruit séché au soleil...
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